Les batailles de l'eau
15 avril, 2008
Du 2 avril au 1er juin 2008 à Vitry
Du 3 juin au 31 juillet 2008 à Champigny-sur-Marne
Les Batailles de l’eau : un bon sens pour notre commune humanité.
L’eau, nous concerne bien sûr sur notre territoire. Le département du Val-de-Marne consacre beaucoup de moyens, particulièrement en cette année de Plan bleu, pour son assainissement, mais aussi pour la réhabilitation de ses sites, rivières, plans d’eau, îles et berges. L’eau nous concerne aussi partout dans le monde. Nous ne pouvons ignorer les difficultés qu’une grande partie de l’humanité éprouve à disposer d’eau potable. La solidarité s’impose. De nombreuses associations travaillent pour améliorer localement l’accès à l’eau, aider à la création des bornes-fontaines ou de systèmes d’irrigation raisonnés. Le Val-de-Marne participe à cet effort en menant des actions de co-développement.
Mais au-delà de notre territoire, au-delà de notre envie d’aider, les problèmes d’eau nous concernent parce qu’ils sont déterminants dans l’avenir du monde et le nôtre. La hausse de la population mondiale, la limitation des ressources peuvent créer une situation explosive. L’eau est déjà un important facteur d’exil vers les mégalopoles ou vers les pays développés. Des paysans ou des éleveurs rejoignent par centaines les bidonvilles quand ils n’ont plus d’eau pour faire boire leur troupeau ou arroser leurs cultures. Vu de Kibera ou Macoco, deux bidonvilles du Kenya et du Nigéria, l’Europe apparaît facilement comme un paradis.
La pénurie empêche le développement de l’agriculture, de l’élevage, et même de l’industrie qui utilise beaucoup d’eau pour le refroidissement notamment. La pénurie favorise la propagation de maladies mortelles : quand on n’a pas d’eau, on est peu regardant sur la qualité de celle qu’on trouve. Le manque d’eau condamne des sociétés entières au sous-développement. Il accuse les inégalités dans le monde, menace son équilibre déjà fragile.
Près de 6 ans après le sommet de la Terre et les déclarations « indignées » des états, rien n’a véritablement changé ; la corvée d’eau reste encore le lot de beaucoup de femmes et d’enfants et l’intervention déraisonnée des Hommes conduit à ce que le pauvre meurt de soif au milieu des étendues d’eau polluées alors que le riche se baigne dans des oasis créés dans le désert.
Cette exposition, Les Batailles de l’eau, c’est bien sûr, une alerte, mais c’est aussi un encouragement pour toutes celles et ceux qui rêvent de ce monde où ensemble nous choisirons de faire face aux formidables enjeux qui se présentent à nous, non pas du point de vue de la lutte de tous contre tous, mais du point de vue du bon sens, celui de notre commune humanité. Je voudrais qu’elle soit également un hommage rendu à ces photo-reporters qui vont chercher des images quelque soit le danger. Samantha Appleton à Kibera, Patrick Bard en Amazonie, Zeng Nian au barrage des Trois-Gorges ou John Stanmeyer à Calcutta font un travail irremplaçable : sans eux, il nous serait impossible de sentir l’urgence et la taille du problème. Des batailles de l’eau se déroulent partout dans le monde. Tachons d’en gagner le plus possible.
Christian Favier
Président du Conseil général du Val-de-Marne











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