24 Mars, 2011

Grippe et sport


Par Thierry MAQUET, professeur agrégé à l'UPEC

Le club des cardiologues du sport propose dix règles d’or pour protéger le cœur des sportifs. Parmi elles, la règle 9 : je ne fais pas de sport intense si j’ai de la fièvre ni dans les 8 jours qui suivent un épisode grippal (fièvre+courbatures).
Que recouvre cette recommandation ?

Qu’est-ce qu’une grippe ?
Il s’agit d’une atteinte virale aiguë qui se propage facilement d’une personne à une autre. On l’appelle aussi le virus influenza. Il se traduit par une inflammation des voies respiratoires, de la fièvre et des courbatures.
L’élévation de la température du corps est déclenchée pour perturber et limiter la prolifération de l’agresseur. Cette fièvre va, par ailleurs, activer le système immunitaire qui va produire des substances toxiques destinées à détruire l’agresseur une fois qu’il aura été identifié. C’est donc un mécanisme normal de défense qui doit être respecté mais contenu en dessous de 39.5°C.
Les courbatures sont dues au virus qui libère des toxines qui fragilisent les fibres musculaires. Les voies respiratoires sont enflammées et quelques fois, le péricarde (enveloppe qui entoure le cœur) peut présenter une petite inflammation.
Il existe plusieurs types de grippe :
- Grippe A (H1N1) : infection due à un virus qui résulte de recombinaisons à partir de virus de porc, humain et aviaire mais qui se transmet d’homme à homme.
- Grippe aviaire : grippe qui survient lorsqu’un être humain est contaminé, par contacts étroits, prolongés, répétés avec un oiseau infecté.
- Grippe saisonnière: celle qui touche chaque année 2,5 millions de Français à des degrés divers.

Mettre fin aux croyances…
A l’apparition des premiers symptômes grippaux, certains pensent qu’il est possible de se débarrasser du virus grâce à une bonne suée. On se force ainsi à faire un footing bien couvert malgré la fatigue. C’est une erreur. Aucune toxine virale (ni microbienne) ne peut être éliminée par la sueur. De plus, on impose à son organisme un stress supplémentaire à la maladie et une élévation de température qui s’ajoute à la fièvre. Dans cet état, le mieux que l’on ait à faire pour se remettre rapidement sur pied, c’est de se reposer.

Ne pas exposer son cœur
Une grippe peut s’accompagner d’une petite infection au niveau du cœur, il est donc recommandé de ne pas le solliciter intensément pendant la période de convalescence et dans les 8 jours qui suivent. La prolifération de globules blancs venus défendre le muscle cardiaque va en effet momentanément fragiliser celui-ci. La prudence est donc de mise.

Prévenir les attaques
L’activité physique provoque des stress qui perturbent momentanément le système immunitaire de l’organisme. Ainsi, après un exercice particulièrement intense, cette immunodépression peut se prolonger jusqu’à 72 heures après l’arrêt de l’effort. Dans ces conditions, le sportif sera plus vulnérable face aux infections et aux agressions d’agents pathogènes.
L’alimentation constitue, dans une certaine mesure, un rempart face aux agressions. Elle devra, bien sûr, être équilibrée, diversifiée, riche en fruits et légumes. De plus, il est important de ne pas présenter de déficit en acides aminés (présents dans les protéines). Ceux-ci sont en effet impliqués dans la défense de notre organisme, notamment les virus. On se rappellera ainsi que les œufs sont d’excellents pourvoyeurs d’acides aminés. Le zinc contenu dans les fruits de mer et le pain complet, et le miel pour ses vertus antimicrobiennes compléteront ce rempart alimentaire.

Références :
Jean Jacques MENUET, Virus et sport, En ligne.
Stéphane CASCUA, Triathlon, s’initier et progresser. Ed Amphora.
Laurent CHEVALLIER, Les 100 meilleurs aliments pour votre santé et la planète. Ed. Fayard.