23 avril, 2006

Notice archéologique de Rungis

La commune de Rungis se situe sur le rebord occidental du plateau de Longboyau, dominant la vallée de la Bièvre, dans une légère dépression réunissant des eaux de source. Commune à vocation rurale, ce n’est que depuis trois décennies que ses zones agraires ont été largement entamées par la création du MIN, de lotissements industriels, et, plus récemment, par des lotissements pavillonnaires.

  • Préhistoire et protohistoire

Les indices archéologiques concernant ces périodes sont relativement denses : l’emplacement de la ZAC des Antes a fait l’objet de prospections locales, puis d’une surveillance active du LDA 94, révélant un site d’occupation néolithique, les traces d’une “ferme” de la Tène finale, et enfin, proche de l’actuel habitat, quelques traces d’occupation gallo-romaine.

Antérieurement, était apparue une sépulture isolée de guerrier gaulois avec son équipement, au Sud de la zone habitée.

L’attribution du nom de Rungis à un anthroponyme romain est douteuse : il s’agit pourtant d’un toponyme latin, alors que deux zones du terroir révèlent des vestiges antiques. En effet, en plus des vestiges découverts sur la ZAC des Antes, un habitat gallo-romain du IIe siècle, détruit par l’implantation de la SILIC, a été aperçu au Sud du terroir. Des éléments de l’aqueduc romain desservant lutèce ont été observés à plusieurs reprises au cours du XXe siècle, soit au cours de travaux, soit sous forme d’indice par des différences visibles dans les cultures : il s’agit d’une part du conduit principal, mais également de deux conduits de captage, l’un limitrophe avec Wissous, l’autre entièrement conservé dans un réemploi à contre-pente dans l’aqueduc Médicis.

Le village est mentionné en 1124, appartenant principalement à l’abbaye Sainte-Geneviève, seigneur haut-justicier, avec quelques possessions d’autres seigneurs ecclésiastiques (entre autres une ferme au chapitre Notre-Dame) et des biens à l’Hôtel-Dieu. De l’ancienne église Notre-Dame, datée du XIIIe siècle, remplacée au début du XXe, il reste la base du clocher. La titulature de l’église indique plutôt une paroisse tardive, ce qui peut indiquer soit un village nouveau, soit un hiatus dans l’occupation du sol.

Enfin, Rungis possède, entièrement conservée, la partie de l’aqueduc Médicis, du XVIIe siècle, traversant son territoire, ainsi que le bassin de captation, dit Carré des eaux, et deux regards.

  • Indices périphériques

Ils sont relativement nombreux mais sans grande précision, à l’exception du bassin de captation antique, dégagé à plusieurs reprises depuis la fin du XIXe siècle, et situé à quelques mètres de la limite communale et départementale, sur le territoire de Wissous, ainsi que la majeure partie des conduits de captage.

Les communes limitrophes de Fresnes, l’Haÿ-les-Roses, Chevilly, ont révélé depuis la fin du XIXe siècle des éléments d’occupation nombreux mais peu précis des époques néolithiques jusqu’au gallo-romain, avec quelques éléments du Haut Moyen-Age, sépultures à l’Haÿ, structures de chauffe artisanales à Chevilly, dans l’emprise du MIN, habitat récemment fouillé par le LDA à Fresnes.

Si Fresnes se présente comme Rungis sans grande antiquité, l’Haÿ et Chevilly sont mentionnés dès le IXe siècle, peut-être fin VIIIe, comme domaines de Notre-Dame de Paris.

  • Conclusion

Au vu des données issues des archives et de l’état actuel des découvertes archéologiques, il n’est pas impossible que le territoire communal ait connu une phase d’abandon au Haut Moyen-Age, avant de devenir le village médiéval dont on conserve la trace écrite. Il n’en demeure pas moins que le potentiel archéologique de Rungis demeure très important pour les périodes antérieures, sans qu’il soit possible d’en mesurer l’ampleur.

Juillet 1996

Fichiers attachés

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