Les premiers chrétiens en région parisienne et dans le Val-de-Marne
Les premiers chrétiens en région parisienne et dans le Val-de-Marne
Jeudi 29 mars 2007
Stéphane ARDOUIN Archéologue départemental Laboratoire départemental d’archéologie du Val-de-Marne
Les origines de la christianisation de la région parisienne sont difficiles à appréhender avant la fin du IVe siècle. Les débuts de l’évangélisation sont vraisemblablement limités à la seule communauté urbaine de Paris. Une présence chrétienne n’y est avérée qu’en 346, avec la mention de l’évêque Victurinus sur une liste de signataires d’un concile. Les récits hagiographiques (tel saint Denis pour l’évêché parisien, ou Agoard et Aglibert pour Créteil) qui nous renseignent sur les premiers temps du diocèse parisien sont fantaisistes. Ils s’appuient essentiellement sur des motivations politiques et n’ont pas pour souci le respect de l’authenticité historique. La chronologie de la désaffection des sanctuaires païens d’Ile-de-France entre les IVe et VIe siècles, totalement ignorés par les sources, n’est pas davantage connue.
Les preuves archéologiques d’une présence chrétienne à Paris durant l’Antiquité tardive sont peu nombreuses. Elles se limitent à quelques objets au plus tôt de la fin du IVe ou du Ve siècle. Pour les campagnes environnantes, elles sont encore plus tardives. Les édifices religieux de ces périodes, les oratoires cités par les sources mérovingiennes, sont peu connus par l’archéologie avant la fin du VIe siècle ou au VIIe siècle. La plupart des oratoires adoptent le matériau le plus fréquent : l’édifice à poteaux de bois et murs de torchis. Il semble également que certains édifices réutilisent des bâtiments antiques. Ceux-ci n’étaient pas à l’origine, contrairement aux idées reçues, des temples païens, mais tout simplement des bâtiments aux murs solides, réutilisables à peu de frais.
C’est en partie grâce aux usages funéraires (stèles, monuments ou sarcophages) que l’on peut identifier ces premières communautés christianisées, notamment pour les campagnes entourant Paris. C’est ainsi que pour le sud-est parisien, nous possédons quelques témoignages précoces pour des communes pourtant inconnues des sources antérieures à l’époque carolingienne. C’est notamment le cas pour la nécropole Saint-Marcel (au niveau des Gobelins dans le XIIIe arrondissement parisien) et dans le Val-de-Marne à Ivry-sur-Seine, Fresnes, Villeneuve-le-Roi. Certains pourraient confirmer des informations plus tardives comme à Créteil ou des localisations contestées, comme à Nogent-sur-Marne.
Ces premiers témoignages funéraires à décors chrétiens sont composés d’épitaphes aux formulations ou symboles explicites, de stèles, de sarcophages de pierre ou de plâtre, ou de matériaux de construction spécifiques, terres cuites architecturales provenant des toitures de petits monuments commémoratifs ou d’oratoires funéraires.
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