22 avril, 2006

Notice archéologique de Maisons-Alfort

Le terroir de la commune de Maisons-Alfort s’étend au Sud de la Marne, en zone de plaine fluviale, et jouxtait également la Seine avant la séparation d’avec Alfortville, à la fin du XIXe siècle.

  • Préhistoire et protohistoire

Les fouilles archéologiques réalisées à Maisons-Alfort en 1994 ont livré les vestiges d’une occupation préhistorique datée entre 200000 et 160000 ans. La commune présente quelques traces néolithiques et protohistoriques sur la rive de Marne, sous la forme d’un mégalithe, des restes d’une sépulture et de quelques vestiges plus à l’Est, et de quelques outils anciennement ramassés dans les carrières. Un important habitat néolithique proche de la Marne, avec une sépulture, a été exhumé récemment par le LDA 94 puis par l’AFAN.

La découverte la plus spectaculaire, lors de la construction du fort au milieu du XIXe siècle, est celle d’une structure qu’on peut identifier probablement à un tumulus, relief visible appelé “Butte de Grammont”, pourvue de plusieurs sépultures dont certaines présentant un certain apparat, datables de la Tène ou de l’époque romaine, en bordure d’un ancien chemin.

  • Périodes historiques

Maisons apparaît pour la première fois à la fin du Xe siècle dans une donation capétienne faite à l’abbaye de Saint-Maur, mentionnant des moulins, l’église Saint-Rémi, la chapelle Saint-Germain. L’église Saint-Rémi présente des éléments du XIIe siècle, le choeur datant du XIIIe, la flèche du XIVe. Les alentours de l’église ont révélé, lors de fouilles locales dans les années 70, des traces de l’ancien cimetière médiéval ; des travaux anciens dans l’église avaient déjà exhumé de nombreux squelettes médiévaux. Par ailleurs, des sépultures isolées auraient été anciennement trouvées en différents endroits.

Deux fiefs se distinguent à l’écart du village, dépendants également de Saint-Maur, Charentonneau mentionné à la fin du XIIe siècle, le manoir d’Alfort au début du XIVe siècle.

Trois moulins sont situés sur les rives de la Marne : celui des Portes est mentionné à la fin du XIIe siècle, celui de Charentonneau fin XIIIe, le Petit Moulin, près du pont de Charenton, milieu XVe. Des aménagements empierrés ont été retrouvés en bord de Marne dans les années 70, en repérages sub-aquatiques, sans que l’on puisse les identifier.

Deux anciens chemins traversent Maisons : le chemin de l’Echat, ou des Mèches, ou chemin Vert, dont le tracé plus ou moins remanié est probablement d’origine antique, se dirigeant du Sud au Nord vers l’Ile de la Chaussée, et un autre disparu au XVIIIe siècle pour laisser place au tracé plus rectiligne de l’actuelle N 19, le Grand Chemin de Brie, remontant au moins à l’époque médiévale.

Le chemin dit de Valenton, desservant les fermes d’origine médiévale de la Tour et de l’Hôpital, a dû prolonger la Grande Rue de Maisons avant la création de la route royale, actuelle N 5.

  • Indices périphériques

Sur la rive droite de la Marne, au Nord, Saint-Maurice présente des vestiges de construction romaine et le toponyme révélateur de l’Ile de la Chaussée, passage ayant probablement précédé le pont de Charenton mentionné dès le VIIe siècle.

A l’Ouest, le terroir d’Alfortville, anciennement de Maisons et zone purement rurale, présente un mégalithe et un toponyme, “Le Gué de Maisons”, pouvant évoquer un ancien passage de la Seine.

Au Sud, Créteil, traversé par l’ancien chemin de Brie, semble être une très ancienne bourgade, pourvue d’une vaste nécropole du Haut Moyen-Age, et présentant quelques traces de l’Antiquité : monnaies, sarcophages anciennement découverts près de l’église, et semble-t-il, des substructions de technique romaine sous celle-ci.

Quant à Saint-Maur-des-Fossés, la commune présente de nombreux vestiges de toutes les périodes à partir du Néolithique, mégalithes, sépultures néolithiques ou de l’Age du Bronze, nécropole et sépultures de l’Age du Fer, sépultures romaines de basse époque, plusieurs église et leurs cimetières.

Probablement ancien oppidum gaulois réoccupé à basse époque romaine, une abbaye y est fondée au VIIe siècle, qui va avoir une profonde influence sur un large environnement, ne disparaissant qu’au milieu du XVIIIe siècle.

  • Conclusion

Il semble bien que l’on puisse faire remonter l’origine de l’implantation humaine sur le territoire communal au Néolithique. Il y a vraisemblablement continuité de l’occupation (à moins qu’il ne s’agisse d’une réimplantation) durant la protohistoire et peut-être même durant l’époque romaine. On perd ensuite toute trace d’occupation jusqu’au Xe siècle. S’il est possible que nos lacunes soient dues à une phase d’abandon, il paraîtrait curieux, au regard de la situation géographique de Maisons-Alfort et du contexte périphérique, que cet abandon ait perduré sur une aussi longue période. Il parait plus vraisemblable de penser que le sous-sol de la commune, qui possède un très important potentiel archéologique, n’a pas encore délivré tous ses secrets.

Aout 1997

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