4 octobre, 2010
Fêtez les 5 ans du mac/val !
Souvenirs, souvenirs
Le MAC/VAL fête ses cinq ans ce mois-ci avec deux belles expositions sur la mémoire. L’occasion de questionner le temps qui passe, et ce besoin d’être ensemble à le célébrer.
18 novembre 2005, l’art contemporain déplace les foules à Vitry. Les Val-de-Marnais sont venus en famille inaugurer leur musée. Plus de 5 000 personnes en un week-end. La presse nationale et internationale est au rendez-vous. L’ouverture du premier - et seul encore à ce jour - musée d’art contemporain en banlieue fait événement. La construction achevée, un autre chantier s’est aussitôt ouvert, celui de la rencontre la plus large, la plus inventive possible avec les oeuvres. La collection se dévoile dans de grandes expositions thématiques (le voyage, l’individu face à la société, le corps et ses représentations…). Le dialogue rebondit dans l’espace d’exposition temporaire avec Jacques Monory, Claude Lévêque, Boltanski, les effervescentes Zones de productivité, un tour dans les étoiles avec « Stardust », et ainsi de suite jusqu’à cette dernière expo sur l’amour, qui nous a littéralement emballés.
Le MAC/VAL a cinq ans cet automne. Une demie décennie, c’est très jeune, trois fois rien rapporté à l’échelle temporelle d’un musée. Et pourtant, que d’images cette histoire a déjà inscrites dans nos mémoires. « Nevermore » et « Let’s dance », les deux nouvelles expositions présentées ce mois-ci, vont nous y replonger. Pour fêter cet anniversaire, les commissaires d’exposition, Alexia Fabre et Frank Lamy, ont filé ensemble la métaphore de la mémoire et du temps qui passe : un grand classique de l’histoire de l’art, et la question humaine par excellence. Les titres des expositions sont explicites. Celui de la collection permanente renvoie à un des plus beaux poèmes saturniens de Verlaine, Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? ; celui de l’exposition temporaire à un célèbre album de David Bowie qui résonne comme une invitation à la danse, entre mélancolie et résistance : danser tant qu’il est temps. À l’origine du projet, le désir d’Alexia Fabre de revenir aux ensembles historiques qui fondent la collection, et notamment aux lumino-cinétiques (Morellet, Julio Le Parc…) qui posent la question de la rémanence rétinienne, de la lumière et de l’ombre, de l’absence et de la trace… Donc de la mémoire et de l’oubli. À partir de là, se souvenir des belles choses, c’était forcément revenir aux oeuvres qui ont marqué l’ouverture du musée (le Varini du hall, L’Ivrogne de Barbier, le Monument de Boltanski, L’Orage d’Ange Leccia, le Soulages…), croiser celles surgies depuis (les Ombres de Shilpa Gupta, l’éclair d’Ardouvin, les néons de Claude Lévêque, le container de Cognée…) et pour ouvrir le regard, les faire dialoguer avec d’autres récemment acquises ou encore jamais vues : le grand mur brûlé de Jaccard, les gravures de Cyprien Gaillard, les Fins de représentation d’Auguste-Dormeuil, les mers d’Agnès Varda, le beau dyptique d’Halida Bourghriet… ou la dernière oeuvre de Thierry Kuntzel, magnifique d’humanité. L’espace d’exposition temporaire prolonge à sa manière le sujet avec une quarantaine d’artistes internationaux choisis parmi les invités des cinq dernières années. Mais tandis que des oeuvres soulignent le passage inexorable du temps (Les 600 horloges de Darren Halmont, Les verres vides de PeterDreher, les crânes étoilés de Douglas Gordon…) d’autres questionnent les lieux communs de sa célébration (la fête foraine de Vincent Olinet, les repas de famille de Hans Op de Beeck, l’arbre de Noël de Philippe Parreno…), cherchant ce qui se cache derrière les paillettes et les clichés. « Il y aura, énumère Frank Lamy, des feux d’artifices, des bougies et des cadeaux, des anniversaires de toutes sortes, de la musique, une auto tamponneuse solitaire,des étoiles,des trous noirs,une boule à facette, des souvenirs…». Bref, tout ce qui nous console du temps qui passe, et nous précipite impatients vers la suite…
Francine Déverines
ValdeMarne n°272 / Octobre 2010

Informations pratiques
- Le 22 octobre, à partir de 18h30 : entrée libre et vernissage en présence de nombreux artistes.
Les expositions : « Nevermore / Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? »,
4e parcours dans la collection permanente ; « Let’s Dance »,
une quarantaine dans l’espace d’exposition temporaire.
- Entrée gratuite le 1er dimanche de chaque mois
Contact
MAC/VAL - MUSÉE DÉPARTEMENTAL D'ART CONTEMPORAIN
Place de la Libération BP 147
94400 Vitry-sur-Seine Cedex
Tel : 01 43 91 64 20 - Fax : 01 43 91 64 30
Contact : Formulaire de contact
Site internet : Le MAC/VAL
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