22 avril, 2006

Notice archéologique de l'Haÿ-les-Roses

La commune de l’Haÿ-les-Roses se situe sur le rebord et la pente du coteau à l’Ouest du plateau de Longboyau, sur la rive droite de la Bièvre. Commune à vocation longtemps rurale, son terroir a fait l’objet de nombreuses exploitations de carrières de briqueteries dans la première moitié du XXe siècle, principalement entre les deux guerres.

  • Préhistoire et protohistoire

Des vestiges, allant de la préhistoire aux époques historiques, ont été découverts lors des exploitations de carrières, dispersées un peu partout sur le plateau :

  • des outils paléolithiques en pierre datant de l’époque paléolithique,

  • une occupation allant du Néolithique à l’Age du Fer, sous forme de fosses, de quelques structures de chauffe (fours) et d’un matériel abondant.

  • Périodes historiques

Notre principale documentation archéologique sur les périodes les plus hautes repose essentiellement, une fois encore, sur les découvertes issues des exploitations de carrières : des traces d’habitat gallo-romain, consistant en un matériel abondant, constitué en particulier de matériaux de construction, des puits, peut-être une section de voirie, ainsi qu’une inhumation de basse époque, trois inhumations groupées apparemment du début du Haut Moyen-Age appartiennent à cette catégorie. Il faut aussi noter que d’importantes sections de l’aqueduc romain, traversant la commune du Sud au Nord, ont été repérées, et le plus souvent détruites, lors de travaux, principalement au début du XXe siècle.

Cependant, certain indices relativement anciens viennent corroborer ces découvertes : le domaine de Lagiacum appartient au chapitre de Notre-Dame de Paris dès le début du IXe siècle, et existe peut-être à la fin du VIIIe d’après un document contesté. Il est regroupé avec celui de Chevilly pendant le Moyen-Age. Ces éléments font de l’Haÿ-les-Roses une des plus anciennes paroisses du secteur : en dehors de Chevilly, les paroisses avoisinantes sont attestées beaucoup plus tardivement. De plus, la toponymie indique un nom de formation latine, éventuellement d’origine antique. Enfin, une nécropole du Haut Moyen-Age, contenant une soixantaine de tombes, mentionnée plateau d’Arcueil lors de sa découverte en 1929, semble en fait se situer au Nord du territoire de l’Haÿ.

En ce qui concerne le Bas Moyen-Age, il faut noter que l’église Saint-Léonard, très remaniée et rebâtie, en particulier au XVIe siècle, présente toutefois des éléments du XVe siècle. L’avenue Gabriel Péri menant à Paris est un chemin probablement ancien, mentionné au cours du XVIe siècle. La demeure seigneuriale s’est située au Clos : une tour carrée, reste possible d’un château médiéval, y est encore mentionnée au cours du XVIIIe siècle. Le moulin banal était installé sur la Bièvre.

  • Indices périphériques

Ils sont nombreux dans les communes environnantes du plateau de Longboyau : les carrières de Villejuif et Chevilly ont révélé globalement les mêmes traces d’occupation, avec des sites paléolithiques et néolithiques avérés dans les carrières au Sud de Villejuif, près de l’Haÿ, des découvertes plus diffuses à Chevilly, dans le même contexte de prospection et d’étude que l’Haÿ, avec des traces mal différenciées allant du Néolithique au Haut Moyen-Age.

L’aqueduc romain a été repéré à Rungis, au Sud, et à Arcueil et Cachan, au Nord. Rungis a également révélé une occupation néolithique importante, un établissement agricole de l’Age du Fer et des traces d’habitat gallo-romain.

En dehors de Chevilly, les paroisses avoisinantes sont attestées beaucoup plus tardivement : seul Cachan apparaît au Haut Moyen-Age, mais comme domaine dépendant de la paroisse de Gentilly ou d’Arcueil.

  • Conclusion

Si le territoire de l’Haÿ-les-Roses a livré de nombreux vestiges archéologiques, il faut souligner le manque d’informations de détail à leur propos, la quasi-totalité d’entre eux provenant de fouilles anciennes et/ou d’exploitations de carrières. Malgré les importantes destructions occasionnées par ces dernières, le potentiel de découvertes archéologiques sur le territoire communal peut encore être considéré comme élevé, vu l’ancienneté des vestiges reconnus et leur composition qui signale des implantations importantes dont il subsiste sans aucun doute des restes enfouis dans le sol, hors de l’emprise des anciennes carrières.

Octobre 1996.

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