17 avril, 2007
Les jardin de simples
Les simples regroupent des plantes médicinales qui sont utilisées seules, c’est-à-dire telles qu’elles sont fournies par la nature, pour leurs vertus qu’elles soient médicinales, tinctoriales, condimentaires…
Jardins monastiques : Des jardins d’utilité
Dès le Vème siècle dans les campagnes gauloises, la paix romaine laisse place à plusieurs siècles d’insécurité…
Les jardins se réfugient dans des enclos au pied des tours. Il s’agit alors de jardins d’utilité beaucoup plus que de jardins d’agrément. Le clergé recueille les débris de la civilisation romaine dans des monastères qui s’élèvent un peu partout.
Dans les ordres, le travail manuel est obligatoire. Les potagers et les vergers sont ainsi cultivés et leurs produits deviennent des sources de revenus intéressants.
De plus, les religieux conservent quelques notions d’hygiène et de médecine. Une partie des jardins est consacrée à la culture des simples et des herbes médicinales, indispensables aux préparations qu’ils distribuent.
Enfin, la décoration florale qui parent les églises et les autels de plus en plus, devient un stimulant supplémentaire pour ces pieux jardiniers.
La phytothérapie, la médecine par les plantes, se dégage difficilement de la magie et de la sorcellerie vers lesquels se dirigent les malades atteints par les épidémies de peste. Des plantes comme le belladone et la mandragore sont considérées comme diaboliques…
A la fin du VIIIème siècle, Charlemagne promulgue le Capitulaire de Villis : cette ordonnance royale prescrit aux domaines royaux un certain nombre d’observances et de règles, et notamment la culture de 94 plantes (73 herbes, 16 arbres fruitiers, 5 plantes textiles et tinctoriales)…
Charlemagne s’efforce d’élever le niveau intellectuel du clergé. Il crée pour cela de nombreuses écoles religieuses où l’étude des simples est la principale base de l’enseignement pharmaceutique.
Les moines soignent les malades et des ordres hospitaliers commencent à se développer.
Jardins des abbayes : Des jardins de cloîtres
Au début du IXème siècle, le jardin idéal de l’abbaye médiévale est codifié grâce au plan de l’abbaye de Saint-Gall. Outre l’espace réservé au jardin du cloître, le plan différencie clairement trois jardins :
- Le jardin des simples,
- Le potager,
- Le verger.
Les différents espaces verts des moines sont nommés et situés dans l’espace, leurs attributions sont définies et par endroits, leur contenu est même détaillé.

Les jardins des simples sont structurés en carré où les allées bien dégagées facilitent l’accès aux plantes pour la cueillette et l’entretien. Les plates-bandes sont rectangulaires et divisées en damiers. Ces damiers présentent plusieurs avantages : ils réchauffent la terre beaucoup plus vite, et protègent une grande partir des racines l’hiver. De plus, à la manière des paillis, ils maintiennent l’humidité du sol.
Quelques fleurs sont plantées pour la décoration de l’autel : en général, il s’agit surtout de lys blancs et de roses de Provins ou de roses Gallica.
Sur les 33 plantes des jardins de Saint-Gall, 32 sont préconisées par le Capitulaire de Villis.
? Pour en savoir un peu plus sur les plantes médicinales, vous pouvez consulter Le jardin des Simples, Voyage au pays des plantes médicinales.
Ce livret a été réalisé dans le cadre des Journées du Patrimoine 2007, en accompagnement du jardin éphémère “Les très riches heures…” présenté par le Conseil général et le Comité départemental du Tourisme, au château de Vincennes.

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