16 juin, 2010
Réforme des retraites : un simulacre de concertation et des choix injustes
Créteil, le 16 juin 2010
Le ministre de la Fonction Publique vient d’annoncer ce matin les propositions du gouvernement sur la réforme des retraites arbitrée hier par le Président de la République.
Ces choix, qui n’ont fait l’objet d’aucune concertation sérieuse avec les organisations syndicales, se traduiraient, s’il n’y est pas fait obstacle, par une dégradation profonde des droits des salariés et par une atteinte très grave portée au pouvoir d’achat des agents du service public.
En repoussant l’âge légal à 62 ans en 2018, en augmentant la durée de cotisation à 41,5 années en 2013 et en portant à 67 ans l’âge d’obtention du minimum garanti, le gouvernement a fait le choix de rendre la vie des salariés encore plus difficile.
C’est un recul de civilisation considérable qui n’est pas acceptable pour toutes celles et tous ceux qui travaillent durement et qui vont devoir le faire encore plus pour percevoir une retraite très souvent insuffisante.
A cela, s’ajoutent pour les personnels de la Fonction Publique, un prélèvement insupportable sur leur pouvoir d’achat avec une augmentation de près de 35 % de leurs cotisations retraite, ainsi que la suppression pure et simple du dispositif de départ anticipé pour les agents ayant 3 enfants et 15 ans de service.
Ce sont donc, pour l’essentiel, les salariés, les personnels de la Fonction Publique qui vont payer cette réforme, dont le seul but est de satisfaire les marchés financiers.
Je partage l’émotion, l’inquiétude et la colère des salariés. Je serai donc à leurs côtés le 24 juin pour défendre le maintien de la retraite à 60 ans à taux plein et le pouvoir d’achat.
D’autres solutions doivent être envisagées. Je pense notamment aux fortunes colossales et indécentes qui sont amassées par quelques privilégiés et les énormes masses de capitaux qui enflent dans le système bancaire grâce à la spéculation financière. C’est là qu’il faut trouver les marges de manœuvre nécessaires à l’équilibre de notre système de retraite.
Je m’associerai donc au combat contre les choix du gouvernement qui sont profondément injustes et qui vont rendre la vie de nos concitoyens encore plus difficile.
Christian Favier
Président du Conseil général du Val-de-Marne
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