29 septembre, 2007
Le MIN de Rungis sous la menace !
Deux articles parus, l’un dans le Financial Times, l’autre dans Le Monde, annoncent comme imminente l’ouverture du capital de la Semmaris, société publique gestionnaire du Marché d’Intérêt National de Rungis.
L’objectif : réduire la part de l’Etat à 33%, alors que celui-ci est aujourd’hui majoritaire, et réaliser une très forte plus-value. Le discours du Gouvernement a consisté, depuis le lancement de cette opération, à la parer de toutes les vertus, en insistant particulièrement sur la qualité industrielle du partenaire recherché.
A la lecture de l’information économique, c’est une réalité bien plus triviale qui s’annonce : en vendant encore un pan des bijoux de la famille, le Gouvernement se sépare de participations dans une société publique de première importance pour notre sécurité alimentaire dans le seul but de renflouer les caisses de l’Etat. Quelle distance entre le discours et les actes ! Les commentateurs spécialisés de la presse ne s’y sont d’ailleurs pas trompés.
Mais ce n’est pas tout. Ces articles – dont l’un est publié dans la presse étrangère ! – sont l’occasion d’apprendre enfin l’identité des prétendants à l’ouverture : une société purement financière et un promoteur immobilier de centres commerciaux. Où est la synergie industrielle avec les opérateurs du marché, spécialisés dans le commerce en gros des produits frais ? Mystère ! Où est le respect pour les actionnaires, pour les salariés, qui doivent désormais s’abonner à la presse économique mondiale pour connaître les décisions de leur gouvernement, concernant leur société, leur travail ?
La même information présente une possibilité de renforcer le poids de la caisse des Dépôts et Consignations, déjà actionnaire de la Semmaris, dans le tour de table. Aux côtés de l’Etat, de la Ville de Paris et du Conseil général du Val-de-Marne, celle-ci pourrait dans ce cas conforter l’actionnariat public majoritaire. Dans cette affaire, la Caisse des Dépôts apparaît comme le seul partenaire pertinent : prêteur aux institutionnels, investisseur dans les sociétés d’économie mixte, financeur du développement économique local et international, acteur de l’aménagement du territoire, la Caisse des Dépôts est un acteur légitime du développement et de la modernisation du Marché, elle seule exprime les intérêts de la nation.
Le Conseil général du Val-de-Marne est donc porté à exiger que cet actionnaire public voit sa position renforcée au sein de la Semmaris, tandis que celle des autres collectivités publiques doit être préservée. L’alimentation, si nécessaire à la vie humaine, n’a rien à voir avec un jeu de Monopoly, et il faut donc préserver cette gestion du Marché par une société publique, garante de l’intérêt porté aux productions nationales, à la sécurité alimentaire, à nos traditions culinaires et à la qualité de nos approvisionnements.
Ce maintien de la gestion publique est d’autant plus nécessaire que les prédateurs sont à nos portes : le Gouvernement vient en effet de passer outre l’avis du Préfet de région et de tous les partenaires économiques des MIN pour autoriser le grossiste METRO à s’installer dans Paris. C’est le monde à l’envers ! Il y a 40 ans, l’Etat installait les Halles en dehors de la capitale avec périmètre de protection pour interdire aux grossistes de s’établir ailleurs. Aujourd’hui, les financiers de la grande distribution se voient autorisés au mépris de toute réglementation – par quel miracle ? - à damer le pion de Rungis dans Paris intra-muros !
Il est temps que tous ceux qui sont attachés au MIN de Rungis et à ses enjeux se mobilisent. Il est grand temps !
Christian FAVIER
Président du Conseil général du Val-de-Marne
Christian HERVY
Maire de Chevilly-Larue
Conseiller général du Val-de-Marne et
Administrateur de la SEMMARIS


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