8 octobre, 2008

La prison, du côté des femmes de prisonniers

Pour 60 000 détenus dans les prisons françaises, combien de mères, de pères, de femmes et d’enfants subissent avec eux leurs peines ?

On ne sait pas. Les familles de prisonniers sont invisibles. La réalisatrice Stéphane Mercurio est allée à leur rencontre. Elle a posé sa caméra tout à côté de la prison des hommes à Rennes, dans un des centres qui les accueillent dans l’attente de leur parloir. Elle les a vues, écoutées et filmées. Beaucoup sont des femmes, dont toute la vie s’organise autour de la prison. Elles viennent deux ou trois fois par semaine, pendant des mois, voire des années, arrivent toujours en avance – quelques secondes de retard et c’est la porte de la prison qui leur est fermée - attendent, se heurtent à l’arbitraire carcéral, se remontent le moral, espèrent…

“Je pourrais être l’une d’entre elles”, dit la réalisatrice au terme de ses quatre années d’enquête : “J’ai su leurs angoisses, leurs nuits blanches, la peur du lendemain, la honte, la solitude et l’amour énorme”.

Soutenu par Iskra, une maison de production val-de-marnaise, ce documentaire poignant a reçu l’aide à la création du Conseil général et déjà plusieurs prix, dont celui des lycéens au dernier festival de films de femmes.

Francine Desverines

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