17 septembre, 2007

La question humaine

[image:la_question_humaine.jpg] “La question humaine” est en projection ce mercredi 19 septembre au Cinéma Le Luxy à Ivry dès 20h30.

Le réalisateur, Nicolas Klotz, et une partie de l'équipe seront présents et débattront avec le public après la séance.

La question humaine, qui a été sélectionné pour la Quinzaine des réalisateurs du Festival de cannes 2007 a bénéficié du fonds d’aide à la création cinématographique du Conseil général.

Ce film se situe dans la droite lignée du travail engagé par Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval sa scénariste sur leurs deux précédents films : "Paria" et "La Blessure". Le premier était tourné avec des personnes qui vivent dans la rue, le deuxième avec des demandeurs d’asile et tous deux s’interrogeaient sur l’exclusion et le rejet de l’autre.

Avec La Question humaine, Klotz revient sur la violence du monde contemporain et sur ses « lexiques de mise à mort », mais à l’autre bout de l’échelle sociale, du côté de la performance, de l’efficacité et de la compétitivité libérale, dans le monde des cadres d’une multinationale. C’est un film fort, dérangeant qui nous emmène dans des zones du capitalisme et de l’Histoire difficiles à mettre en mot mais qui suscite le débat.

Le film
Simon (Mathieu Amalric) travaille comme psychologue aux ressources humaines d’une multinationale pétrochimique d’origine allemande installée en France. Il s’occupe de la sélection du personnel, sans état d’âme particulier jusqu’au jour où... l’un de ses supérieurs, Karl Rose (Jean-Pierre Kalfon) le charge de surveiller un dirigeant de l’usine, Mathias Jüst (Michaël Lonsdale) dont le comportement (retard, changement de signature, isolement...) inquiète la Direction. Commence alors une triple descente, dans l’histoire de Mathias Just, dans le fonctionnement de l’entreprise, et dans les failles intimes de Simon. Dénonciation, lettres anonymes, enquête, élimination, déshumanisation, technicisation du discours, banalisation du mal... le malaise s’installe et le doute s’insinue dans ce petit soldat du libéralisme, révélant ce qui des idéologies les plus sombres du XXe siècle est encore à l’œuvre dans la société libérale et peut-être en chacun de nous.

Jamais démonstratif, ce film qui ouvre un espace sensible et politique aux questions posées par l’Histoire au monde d’aujourd’hui est adapté d’un roman de François Emmanuel. « Quand j’ai lu ce livre, dit Nicolas Klotz, j’ai eu l’impression de plonger dans la part la plus opaque de mon histoire. Celle qui d’une certaine manière m’a poussée à devenir cinéaste ».

La Question humaine clôt une trilogie sur la violence du monde contemporain, comprenant Paria (2001) et La Blessure (2004)



La quinzaine des réalisateurs
Après La Blessure en 2004, c’est la deuxième sélection de Nicolas Klotz dans la Quinzaine des réalisateurs. Créée en 1969 par la Société des réalisateurs de films, la Quinzaine est une section parallèle du festival. Elle présente chaque année une vingtaine de films en compétition mondiale. C’est la tête chercheuse du cinéma d’auteur, « l’endroit où, pour Nicolas Klotz, il se passe vraiment quelque chose à Cannes, avec des films qui font bouger le cinéma, sur les questions de forme et sur les questions politiques ». Un cinéma en liberté que le délégué général de la Quinzaine, Olivier Père, défend dans un contexte de financement de plus en plus difficile. Les films les plus originaux qu’il propose cette année n’ont quasiment aucun soutien des chaînes de télévision et parfois même du CNC. « Il est assez déconcertant, dit-il, d’assister à cette rupture entre le cinéma de création et ceux qui sont censés le soutenir ».

Après la projection officielle du festival, toute la salle, sous le choc, est restée silencieuse avant de longuement applaudir.



Le soutien du conseil général
Le cinéma est aujourd’hui un lieu d’enjeu économique considérable. Pour continuer de créer des œuvres riches, sensibles et diverses, « des films qui ne se couchent pas » comme dit Nicolas Klotz, les cinéastes ont besoin de spectateurs mais aussi des pouvoirs publics. Le soutien du Conseil général se manifeste en amont des films par des aides à la création, des facilités de tournage, une mise en relation avec les professionnels du cinéma en Val-de-Marne, les producteurs, les exploitants de salles, les services culturels... Et à leur sortie, par des avant-premières, des rencontres organisées avec le public, des reprises en festival... La présence du Conseil général à Cannes est un élément de cet accompagnement.



[image:cfournier.jpg]« Nous vous avons aidé, vous nous l’avez magnifiquement rendu » : Christian Fournier, Vice-Président du Conseil général
« La sortie d’un film est toujours un événement heureux surtout quand il s’agit d’un film comme La Question humaine. Nous connaissons les difficultés du cinéma d’auteur. Le système de financement français est intéressant mais fragile. Nous avons en Val-de-Marne décidé de nous impliquer dans le soutien à la création cinématographique. L’intervention d’une collectivité fût-elle modeste, permet souvent de démarrer un film ou de boucler un budget. Nous avons aidé à ce jour 252 films, essentiellement des courts métrages et des documentaires, mais aussi quelques longs métrages. Nous souhaitons poursuivre dans cette voie, et développer notamment l’aide à la recherche de lieux de tournage. Nous avons choisi de le faire parce qu’il nous semble important de maintenir la création au cinéma. En regardant votre film Nicolas Klotz, je pensais à Jacques Roubaud qui définissait la poésie comme ce qui ne peut se dire autrement. On peut en dire autant du cinéma et du votre en particulier. Pour cela, au nom du Conseil général, je voudrais vous dire merci. Nous vous avons aidé mais vous nous l’avez magnifiquement rendu ».



[image:klotz.jpg]« Les beaux films existent grâce à ceux qui leur permettent d’échapper aux systèmes » : Nicolas Klotz, réalisateur de La Question humaine

« Ce film s’est fait grâce à l’engagement de personnes dont vous faites partie. Sur ces questions d’aide et d’argent, il est très important que cela ne dépende pas de commissions invisibles mais de relations directes et proches comme nous avons pu les avoir ici, avec Marie Aubayle et avec les exploitants du Val-de-Marne que nous connaissons bien maintenant. Nous avons tourné dans le département, nous sommes allés dans les salles avant même que le film soit commencé pour en parler avec le public... Il est, je crois, de plus en plus important pour le cinéma que nous faisons de se savoir soutenu par des êtres humains, un par un, et non par des systèmes aveugles et lointains. Je veux vous remercier pour le rapport très concret et amical que nous avons eu pour ce travail et qui est venu si naturellement prolonger ce qui s’était déjà fait avec La blessure. Un film, c’est nécessairement toute une équipe et je voudrais associer tous les comédiens et les techniciens. C’est bien d’avoir fait cela tous ensemble».



Dominique Moussard, directeur de salle

Responsable du cinéma Jean Vilar d’Arcueil, il a été de ceux qui ont accompagné Nicolas Klotz avant et pendant le tournage. Cette série de rencontres s’est déroulée dans toutes les salles de l’ACRIF (l’association des cinémas de recherche en Ile de France). Elle a permis à l’équipe (réalisateur, scénariste, techniciens, comédiens) d’engager en amont du film un dialogue avec les spectateurs. Un rapport encore inédit au cinéma et à la création. « Le but était d’associer le public à chaque étape du travail, explique Dominique Moussard. A Arcueil, nous avons plus particulièrement travaillé sur la musique, une dimension très importante du film. Le résultat est superbe. Et nous allons maintenant tout faire pour que la sortie en salle soit réussie. Les questions que le film soulève sont complètement d’actualité. C’est un argument supplémentaire pour l’accueillir en avant première ».



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