22 avril, 2006
Notice archéologique de Chennevières-sur-Marne
La commune de Chennevières s’étend sur un coteau dominant une boucle de la Marne et déborde sur le plateau de Brie : son terroir a été amputé d’un cinquième environ en 1899 pour la création de la commune du Plessis-Trévise.
- Préhistoire
Les indices archéologiques sont très peu nombreux et peu fiables : quelques ramassages d’outils préhistoriques ont été signalés sans que l’information puisse être vérifiée.
- Périodes historiques
Chennevières, dont le nom semble se rapporter à la culture du chanvre, n’est attestée qu’au XIIe siècle. Plusieurs seigneuries et domaines sont mentionnés, mais aucun n’est connu au-delà du XVIe siècle, bien que leur origine soit probablement plus ancienne. Saint-Maur y est implanté, du moins au Moyen-Age.
Le peu d’importance de l’agglomération elle-même n’exclut pas un certain rôle routier et commercial.
Un port est mentionné à deux reprises à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. L’église date en majeure partie du XIIIe siècle. Des sépultures de son cimetière ont été observées à d’assez nombreuses reprises lors de travaux, mais sont probablement d’époque moderne.
De nombreuses voiries s’y entrecroisent sans que l’on puisse faire remonter leur datation au-delà de l’époque moderne, bien qu’elles soient sans doute d’origine antérieure. Deux anciens axes Nord-Sud, plus ou moins rectifiés ou tronqués, sont identifiables : l’un traverse le village et le second le longe.
Un bac est attesté à l’époque moderne mais remonte probablement au Moyen-Age : un chemin de pèlerinage l’emprunterait à cette dernière période, ce que confirmerait la mention d’une croix du Pèlerin et la montée au plateau par un chemin roide appelé “La Vieille Montagne”, impraticable aux charrois. Ce bac dessert des axes Est-Ouest qui semblent avoir été modifiés ou supprimés à l’époque moderne, en particulier l’Ancien chemin du Bac et le chemin de Gournay, celui-ci datant au moins du XVIIe siècle.
Une rue des Carrouges est encore mentionnée à la fin du XIX siècle : le toponyme est issu d’un mot latin, utilisé par l’Antiquité romaine de haute époque, qui signifie carrefour.
Le moulin de Conche, sur la Marne, est attesté au début du XIVe siècle et a disparu au XVIIe. Le moulin à vent, vers Ormesson, est attesté au XVIIe et semble en avoir remplacé un plus ancien, d’après le toponyme proche “le Vieux Moulin”.
Un certain nombre de structures en sous-sol, sous la forme de couloirs voûtés, ont été mentionnées à plusieurs occasions : peu discernables dans les caves actuelles, leur emplacement et leur étendue sont approximatifs et leur fonction reste indéterminée.
- Indices périphériques
Les plus nombreux se situent en vis-à-vis de la Marne, à Saint-Maur, riche de vestiges néolithiques, d’une nécropole gauloise, d’un castrum probablement antique et surtout de la présence d’une importante abbaye entre les VIIe et XVIIIe siècles.
A l’Est, la Queue-en-Brie a révélé une forte implantation néolithique et des structures artisanales gallo-romaines, ainsi qu’un bourg médiéval fortifié groupé autour d’une forteresse stratégique.
Au Nord, Champigny présente également un important habitat néolithique, des vestiges antiques contestés, les restes d’une nécropole du Haut Moyen-Age, et deux centres médiévaux d’habitat, Champigny même et Coeuilly, ainsi qu’un château disparu de même époque.
Au Sud-Est, Ormesson possède les restes d’une nécropole du Haut Moyen-Age à proximité de l’ancienne église. Au Sud-Est également, Sucy-en-Brie a révélé un dépôt de l’Age du Bronze, les restes d’une nécropole du Bas-Empire romain ; église et domaine y sont attestés au IXe siècle, mais l’abbaye de Saint-Maur y serait implantée, en particulier au port de Brétigny, dès le VIIe siècle.
- Conclusion
Le potentiel archéologique de Chennevières est très difficile à établir, tant les données nous manquent pour les périodes anciennes. Il serait imprudent toutefois de conclure à une absence d’établissements anciens basée sur les lacunes de nos informations, car les indices archéologiques périphériques, témoins de l’installation précoce des hommes dans tout le secteur, laissent présager de futures découvertes qui nous permettront de mieux appréhender le passé de la commune.
Juin 1997
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