22 avril, 2006
Notice archéologique de Champigny-sur-Marne
Le terroir de la commune de Champigny, à vocation longtemps rurale, a été assez intensément exploité par de vastes exploitations de carrière au XIXe siècle, et peut-être antérieurement. Bien qu’étendues, ces exploitations ont sans doute laissé subsister une partie au moins des nombreux vestiges archéologiques que renferme son sous-sol, si l’on en croit les données ci-dessous.
- Préhistoire
La situation de la commune, qui occupe en grande partie une boucle de la Marne, en fait un secteur très favorable à l’implantation humaine aux périodes néolithiques et protohistoriques.
Un important site d’habitat néolithique avec des sépultures, a d’ailleurs été mis au jour à plusieurs reprises au lieu-dit “Buisson Pouilleux” : découvert à la fin du XIXe siècle dans les carrières, il a peut-être encore été observé en des circonstances inconnues au cours des années 1960. Du mobilier isolé de cette période a aussi été trouvé à plusieurs reprises en ramassage dans un vaste périmètre aux alentours du lieu-dit.
Divers outils isolés datant de cette période (haches polies et polissoir, notamment) ont également été trouvés à plusieurs endroits dans la commune.
- Périodes historiques
Les toponymes de Champigny et de Coeuilly sont d’origine latine : ils peuvent indiquer, mais sans aucune certitude, la présence d’un domaine antique. L’archéologie n’apporte actuellement pas d’éléments complémentaires à ce sujet : des vestiges antiques auraient été vus dans les années 50 ou 60 au “Marché Rollay”, mais leur attribution reste toutefois douteuse car ils ne sont pas publiés.
Quelques sarcophages du Haut Moyen-Age ont été aperçus lors de travaux à proximité du Théâtre de la Nature, au début du XXe siècle. Ils signalent la présence en ce lieu d’une nécropole d’étendue inconnue. D’autres sépultures de même époque auraient été découvertes au Nord-Est de la commune, en limite avec Bry-sur-Marne. Il s’agit ici probablement de l’extension de la vaste nécropole de Bry, connue par des fouilles anciennes.
Des ossements provenant de l’ancien cimetière de l’église Saint-Saturnin (qui date en partie du XIIIe siècle) ont été ponctuellement trouvés fin des années 30 et début des années 80.
Le terroir de Champigny a longtemps compté des possessions ecclésiastiques : l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs possède la cure au XIe siècle ; une maison est mentionnée près de l’atrium (cimetière) vers 1200, ainsi que des gords ; les Chartreux achètent terres et fief en 1331.
Les traces archéologiques de ces implantations sont inconnues. Des bâtis médiévaux en sous-sol étaient cependant encore conservés dans l’ancien centre-ville au début du XXe siècle, mais ont été depuis détruits ou rendus inaccessibles. Ils ont été attribués au château médiéval, mais l’emplacement de cette forteresse, qui fut brûlée en 1419, reste toutefois très controversé et aucune preuve formelle d’identité ne peut être avancée pour le moment : les forteresses sont généralement situées en élévation, ce qui correspondrait plus à la situation de Coeuilly (?). La chapelle y est mentionnée au XIIe siècle et la seigneurie au XIIIe.
- Indices périphériques
Au Sud de la boucle, Saint-Maur a révélé des témoins importants de l’époque néolithique, une nécropole de La Tène, quelques vestiges antiques, mais surtout l’implantation dès le VIIe siècle d’une importante abbaye qui ne disparaîtra qu’au cours du XVIIIe siècle, non sans avoir largement influé sur le terroir environnant.
De même, à Bry-sur-Marne, au Nord-Est, mentionné au IXe siècle, ont été découverts des sépultures protohistoriques mais surtout une importante nécropole de la fin de l’Antiquité et du début du Haut Moyen-Age, en limite de Champigny.
Au Nord, à Nogent-sur-Marne, une résidence royale serait attestée au VIIe siècle, et une nécropole du Haut Moyen-Age a été découverte à plusieurs reprises.
A l’Ouest, on trouve à la Queue-en-Brie de nombreux indices d’occupation préhistorique, un habitat antique lié à l’artisanat, une forteresse médiévale d’importance stratégique ainsi qu’une maladrerie. La fouille du cimetière médiéval de l’église a révélé son importance.
Enfin, un dépôt monétaire gallo-romain a été anciennement découvert à Joinville.
- Conclusion
Le potentiel archéologique de Champigny peut être estimé élevé : les quelques découvertes effectuées et les données fournies par les archives suggèrent la persistance de sites importants dans plusieurs secteurs de la commune, malgré l’urbanisation et les carrières : l’emplacement de l’ancien village (structures bâties médiévales, nécropole paroissiale et Haut Moyen -Age), ceux de l’ancien lieu-dit “Le Bois Pouilleux” (site néolithique) et de l’ancien hameau de Coeuilly (bâti médiéval), enfin la zone limitrophe avec Bry, particulièrement vers le croisement entre la rue des Marais et l’avenue du Général Leclerc (nécropole Haut Moyen-Age) représentent des indices relativement fiables des potentialités archéologiques existant sur le territoire communal.
Avril 1997
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