16 mars, 2010

Budget 2010 : entretien avec Pascal Savoldelli, vice-président du Conseil général

Pascal Savoldelli est en charge des Finances; cet entretien est paru dans “ValdeMarne” n°266 de mars 2010, à l’issu du vote du budget. (Disponible en téléchargement ci-dessous)

“Ce budget est une sécurité sociale à plus d’un titre”

En décembre, vous annonciez que le budget 2010 du Conseil général serait un budget de sécurité sociale pour les Val-de-Marnais. En quoi l’est-il ?

Pascal Savoldelli : Ce budget confirme l’importance de la place du Département dans la vie quotidienne des Val-de-Marnais. C’est une sécurité sociale à plus d’un titre. Premièrement, malgré la crise économique et sociale et les désengagements de l’État, nous faisons le choix du service public pour tous les Val-de-Marnais. L’emploi, le logement, les transports, l’environnement, le sport, la culture, l’éducation, les solidarités, toutes ces priorités de l’identité du Conseil général ne sont pas remises en cause. Elles sont même valorisées.

Les aides au transport - cartes Imagine R, Rubis et Améthyste - seront intégralement reconduites. Le soutien au monde associatif maintenu. La jeunesse reste au cœur de notre action, tant au niveau des quartiers que des collèges ou de l’université. Sécurité sociale pour le tissu économique car nous maintenons un haut niveau d’investissement. Ainsi, nous soutenons les Pme-Pmi les plus touchées par la crise. C’est un budget dynamique, solidaire et innovant sur beaucoup d’aspects.

Aujourd’hui, de nombreux départements connaissent de grandes difficultés budgétaires. Dans quel contexte avez-vous préparé ce budget ?

P. S. : Une trentaine de départements - qui n’ont ni les ressources, ni les atouts du Val-de-Marne – sont pratiquement en “cessation de paiement”. Comme nous, ils exigent que l’État respecte ses engagements financiers conformément aux principes de la décentralisation et qu’il accepte un véritable débat national pour une fiscalité plus juste et plus efficace. Il n’est pas possible d’aborder notre budget sans tenir compte des désengagements financiers et des réformes que le gouvernement a engagé contre les collectivités locales. À mon sens, il y a une grande cohérence entre l’asphyxie budgétaire des départements, la suppression de la taxe professionnelle et le projet de réforme territoriale actuellement en débat.

L’objectif financier de cette politique est, comme l’a réaffirmé récemment le ministre du Budget, d’obliger autoritairement les collectivités à participer à une économie annuelle des dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Il veut ramener, de manière drastique, le déficit public de 8 à 3 % du Pib. Il sacrifie les dépenses d’intérêt général tout en maintenant les cadeaux fiscaux aux plus riches, comme le bouclier fiscal. Institutionnellement, c’est la remise en cause de la démocratie locale avec la perte d’autonomie du Département.

Face à cela, comment agissez-vous ?

P. S. : Nous exigeons que l’État paye ses dettes en versant les sommes correspondantes aux charges transférées. Fin janvier, nous avons déposé un recours gracieux auprès du Premier ministre, pour insuffisance de financement du Rsa, à hauteur de 53 millions d’euros. On ne peut pas avoir la même enveloppe d’année en année alors que la demande sociale explose ! Beaucoup de Val-de-Marnais l’exigent aussi par des actions comme “Le Val-de-Marne, j’y tiens !”.

Je suis scandalisé que le Premier ministre refuse de recevoir une délégation d’élus val-de-marnais, comme le lui avait demandé le président du Conseil général après le rassemblement du 26 janvier. Cela nous invite à poursuivre et à amplifier le mouvement pour obtenir rapidement des résultats.

Fichiers attachés

Entretien_Pascal_Savoldelli_Budget_2010.pdfEntretien Pascal Savoldelli Budget 2010.pdf10.2 Ko

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