22 avril, 2006
Notice archéologique de Bry-sur-Marne
La commune de Bry s’étend sur une terrasse bordée par une boucle de la Marne sur une longueur de 3,5 km : longtemps à vocation agricole, elle se couvre actuellement d’habitat résidentiel et a créé une zone d’activité en bordure de l’autoroute, au Sud-Est de son territoire.
- Préhistoire et protohistoire
Le terroir de Bry a donné lieu à un certain nombre de découvertes, généralement anciennes. Un important mobilier paléolithique et néolithique a été trouvé aux Guibouts, fin XIXe siècle.
Des documents et traditions orales concernent des mégalithes néolithiques, tous disparus : un ensemble de sept pierres vers la limite avec Noisy, la “Pierre vendue”, vers la Marne, un autre ayant probablement donné son nom à l’Ile de la Roche.
Un certain nombre de sépultures peu groupées ont été découvertes au XIXe siècle en divers endroits: deux sont considérés comme paléolithiques, bien qu’une datation postérieure soit plus probable ; deux sépultures découvertes au même endroit, au Nord de l’agglomération, étaient accompagnées d’objets de l’Age du Bronze; plusieurs inhumations localisées dans l’ancien centre-ville semblent correspondre à l’Age du Fer, au regard des objets qu’elles contenaient (des armes en fer), mais certaines d’entre elles (probablement protohistoriques) demeurent indatables, faute de matériel mentionné, et l’une pourrait être antérieure (présence d’un bracelet de bronze).
Des structures de chauffe en pleine terre, probablement protohistoriques, ont été trouvées hospice Favier. Des armes de bronze ont été trouvées en bord de Marne fin XIXe siècle.
Les squelettes d’un boeuf et d’un cerf du quaternaire ont été trouvés dans une sablière en début de siècle.
- Périodes historiques
l’Antiquité
Un diplôme de Charles le Chauve mentionne Bry pour la première fois en 861, sous le qualificatif de vicus, donc a priori de bourg d’une certaine importance, et fait allusion à au moins un domaine rural. Un autre document non identifié de la même époque indiquerait un pont : certains ont vu un briva, pont en celtique, à l’origine du nom de Bry, ce qui n’est pas actuellement démontré avec certitude.
L’existence d’une occupation humaine d’importance à l’époque romaine se vérifie par les trouvailles archéologiques. La découverte majeure consiste en une très vaste nécropole à cheval sur les époques romaine et mérovingienne, installée sur le haut du coteau dominant la Marne au Sud, en partie fouillée fin XIXe siècle, comprenant des centaines de sépultures et s’étendant jusqu’à Champigny. Un ancien dallage, peut-être antique, aurait été vu place Daguerre.
D’autres importants vestiges consistent en d’imposantes structures de bois armées de fer, ainsi qu’en de gros enrochements, trouvés peu avant la guerre de 1870 dans le lit de la Marne, vestiges possibles d’un pont antique, vers l’emplacement du pont actuel.
Le toponyme “Les maisons rouges”, attesté au XIIe siècle, est souvent lié à la présence de relais routiers antiques: il se situe ici à l’Est du village médiéval, dans une zone rurale. Toutefois, des sondages effectués sur une bonne partie de sa surface n’ont révélé aucun vestige.
Le Moyen-Age
La Charte de 861 susmentionnée fait état d’une donation faite au monastère de Saint-Maur-des-Fossés d’un vaste domaine agricole (mansum) avec ses dépendances. La précision de vicus pour Bry (in vico qui dicitur Brit) permet d’écarter l’hypothèse d’une villa isolée et affirme l’existence d’une agglomération humaine structurée d’importance. Cette information est d’ailleurs confirmée par la continuité de l’utilisation de la nécropole antique à l’époque mérovingienne.
Les documents suivants sont nettement plus tardifs : on y voit la mention de l’église et celle d’un certain nombre de fiefs ecclésiastiques et laïques, dont on distingue mal dans ces derniers qui possède la prééminence, Hôtel-Fort ou fief de Malestroit.
L’église, dédiée aux saints Gervais et Protais, est réputée fondée au XIIe siècle. L’église actuelle garde des éléments du XIIIe siècle.
Le (ou les) moulin seigneurial, à eau, a donné son nom à l’île située au Sud du terroir
- Indices périphériques
En vis à vis de Bry, la plaine fluviale du Perreux a révélé occupation et nécropole de l’époque néolithique, à proximité d’un menhir, ainsi que des vestiges supposés de l’Antiquité, un toponyme Port ou Pont de Bry se situant au Sud du terroir.
Villiers-sur-Marne a également fourni du mobilier néolithique ainsi qu’un mégalithe, mais surtout un site antique avéré à proximité d’une fontaine et des éléments d’une nécropole du haut Moyen-Age : plusieurs toponymes évoquent la possibilité du passage d’une voirie antique.
Champigny-sur-Marne comprend apparemment au Nord-Est quelques éléments au moins de la nécropole de Bry: il présente une dense occupation néolithique, des éléments d’une nécropole du haut-Moyen-Age.
Champigny et Villiers sont d’anciennes paroisses, le Perreux une seigneurie de Nogent, mais tous sont attestés dès le début du bas Moyen-Age, les deux premiers, de formation latine, étant probablement plus anciens.
- Conclusion
Si l’ancienneté de la quasi-totalité des découvertes archéologiques effectuées sur le territoire communal, ne permet pas toujours des positionnements et des datations absolus, elle n’enlève rien à l’importance du potentiel archéologique de Bry-sur-Marne. L’implantation humaine au sein du terroir semble bien remonter, en effet, au Néolithique, et elle prend une réelle importance dès l’Antiquité, méritant au haut Moyen-Age l’appellation de vicus.
Août 1996.
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