23 décembre, 2009

L’art profondément humain de Boltanski

Du 15 janvier au 28 mars 2010

Christian Boltanski investit le Grand Palais et le Mac/Val, avec deux expositions conçues comme un seul opéra.Autour du temps, de la mémoire, de la fragilité de la vie et de l’inéluctabilité de la mort.

Ses oeuvres figurent dans les plus grandes collections du monde. Il était à New York en septembre pour la présentation de son livre, avec l’historienne d’art Catherine Grenier. Il vient d’installer une horloge parlante sous la cathédrale de Salzbourg. Projette d’archiver sur une île du Japon les battements de coeur de tous les hommes. Et vit depuis le 1er janvier sous l’oeil permanent de caméras, dont les images sont diffusées dans une grotte en Tasmanie. Christian Boltanski appelle cela jouer sa “partie contre le diable”. L’art est pour lui depuis toujours une tentative d’arrêter la fuite du temps, de ruser avec la mort. La photographie, par son pouvoir de convoquer l’absence, a longtemps été son support de prédilection. Le Monument entré en 2001 dans la collection départementale en témoigne. Cette oeuvre, vouée au souvenir de l’enfance, “la première chose quimeurt en nous”, dit-il, est d’une simplicité bouleversante. L’impact de ces visages d’enfants, dont on ne sait ce qu’ils sont devenus, perdus dans le halo de lampes, est immense.

Les Vitrines, les Boites de biscuits, les Tiroirs, les Inventaires, les Reconstitutions, les Ombres, les Réserves, les Lits sont quelques unes des formes que prit en trente ans cet incessant travail sur la trace et l’effacement. L’humanité dans sa multitude, mais aussi la résistance au nombre, sont au coeur de sa réflexion. “Je m’intéresse à la petite mémoire, dit-il, celle qui forme notre singularité, qui est extrêmement fragile et qui disparaît avec la mort. Cette perte d’identité, cette égalisation dans l’oubli sont très difficiles à accepter”. À la fin des années 1980, avec les premiers amoncellements de vêtements, il renverra explicitement à la Shoah, dont il repère en lui la trace traumatique, une sorte d’arrêt sur images fondateur de sa démarche. Depuis quelques années, sous l’influence du théâtre, la forme de son travail est devenue plus spectaculaire. Il s’empare de l’espace, réintroduit la temporalité à travers le déroulement d’un parcours. En quête d’un art global qui obligerait le visiteur à sortir de sa posture de spectateur pour devenir acteur, il construit de vastes installations,mêlant images, sons et mouvements. C’est une de ces expériences qu’il propose en janvier simultanément à Vitry et à Paris. Invité de la 3e Monumenta, manifestation internationale à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, Boltanski a choisi de poursuivre son intervention auMac/Val, “un musée que j’aime beaucoup pour son courage et son audace artistique”, dit-il. Obsédé aujourd’hui par le temps qu’il lui reste, après l’expérience baroque du Grand Palais, il se saisit du Mac/Val comme d’une page blanche où projeter ses fantasmagories et continuer après la mort à questionner la vie.

Francine Déverines

Informations pratiques

  • Horaires Départs du Grand Palais vers le MAC/VAL : 14 h 30 et 15 h 30

  • Départs du MAC/VAL vers le Grand Palais : 16 h et 18 h

  • Un billet plein tarif acheté pour l’une des deux expositions = un tarif réduit pour l’autre exposition.

Contact

Newsletters

Site satellite : MacvalLes aides à  l'édition des catalogues d'exposition
La télé interactive du Val-de-Marne