22 avril, 2006

Notice archéologique de Boissy-Saint-Léger

La commune de Boissy est située en limite de la vallée de la Seine et du plateau de Brie, la majeure partie de son terroir étant comprise dans la zone forestière de ce dernier, et constituée principalement du parc de Grosbois.

  • Préhistoire et protohistoire

Les indices concernant ces périodes sont totalement inexistants en l’état actuel des recherches : l’histoire de Boissy ne semblant pas commencer avant le haut Moyen-Age. Cependant, la situation géographique de la commune, en limite de plateau surplombant la plaine alluviale, n’exclut pas une occupation possible dès le Néolithique, que l’absence de fouilles archéologiques anciennes ou récentes ne permet ni d’infirmer ni de confirmer.

Le toponyme Maison Rouge, situé dans le domaine du Piple, est souvent lié dans les faits à la présence de stations routières antiques, Grosbois est d’abord appelé Nemus, nom d’origine celtique à connotation religieuse. L’origine du nom de Boissy est discutable, mais semble provenir de la végétation plus sûrement que d’un domaine gallo-romain.

Boissy apparaît dans les textes dès le haut Moyen-Age : on trouve la plus ancienne mention du vicus Bucciacus dans la vie de Saint-Germain par Fortunat, poète vivant au VIe siècle. Celui-ci aurait ensuite été donné vers 650 à l’abbaye de Saint-Maur par Clovis II. Boissy est manse dominicato, sans église, dans la donation du comte Etienne en 811, locus en 847 dans un acte de Charles le Chauve, qui enregistre un échange de bois sur Vincennes et Boissy, entre l’abbaye et l’évêque de Paris, d’une superficie d’environ 270 hectares. Le Polypticon fossatense du Xe siècle y dénombre les biens de l’abbaye de Saint-Maur, dont des droits sur une cinquantaine de maisons de paysans, faisant de l’abbaye le principal seigneur du lieu.

L’église n’apparaît qu’en 1124, quand l’abbaye obtient la cure de l’évêque de Paris : sa titulature aurait été Saint Babolein avant Saint-Léger.

Un acte de 1226 de l’abbaye de Saint-Denis cite l’Ecclesia de Grosso Nemore, l’église de Grosbois, qui serait rebâtie au XIVe siècle: elle donne son nom au hameau de Saint-Jean, dépendant précédemment de Villecresnes. En 1238, l’abbaye achète le manoir du Piple, qu’elle rebâtit en 1280 avec une chapelle : deux pressoirs y sont attestés. Une fontaine miraculeuse de Saint Babolein y est mentionnée dans une vie de Saint-Maur, à peu de distance de la chapelle.

Les indices archéologiques sont trop peu importants en nombre pour pouvoir réellement affiner les données issues des sources écrites : deux découvertes fortuites récentes, et au moins une plus ancienne, d’ossements près de l’église, attestent la présence de l’ancien cimetière ; une découverte de sarcophages au XIXe siècle semble avoir été située par erreur dans la commune.

Le bois est devenu possession royale au XIVe siècle, mais la seigneurie de Grosbois n’apparaît dans les textes qu’à la fin du XVIe siècle : le domaine s’étend rapidement, la chapelle et le hameau de Saint-Jean sont détruits en 1641.

  • Indices périphériques

Sucy a révélé un dépôt de l’Age du Bronze et une nécropole de l’antiquité tardive, Limeil-Brévannes deux nécropoles de l’Age du Fer, dont une se perpétue à l’époque gallo-romaine et mérovingienne, et les restes d’un pavement antique sous la Vieille Voie, non située, l’église de Marolles possède des soubassements du haut-Moyen-Age.

Boissy semble receler de nombreuses potentialités d’anciennes voiries :

  • le Grand chemin de Brie a été remplacé par la Chaussée royale, devenue N 19, avant 1740, contournant le parc par le sud-ouest, mais un ancien tracé direct est probable, soit par la rue de Paris et l’Allée du Moulin, soit légèrement plus au nord par un axe passant devant l’église et empruntant ensuite l’Allée du Clocher, appelée Voie des clochers dans l’Atlas du Marquisat au XVIIIe siècle.

  • la limite ouest du parc, en apparence artificielle, se prolonge en fait dans Villecresnes, jusqu’au Réveillon, qu’elle franchissait encore en 1740 : ce tracé semble correspondre à un ancien embranchement du Chemin de Brie.

  • au nord du parc, l’ancien pavé de Paris, en partie conservé sur Marolles et Santeny, est parfaitement visible en 1740, rejoignant le Chemin de Brie sur Bonneuil.

  • au nord-ouest du parc, sous la rue de Valenton et de Sucy, passe un ancien chemin de Villeneuve bien visible également en 1740 jusqu’au delà de Noiseau.

  • c’est sans doute une ancienne voirie qui borde Boissy sur sa pointe nord-ouest, car on la suit encore jusqu’à Valenton à son croisement avec la Ruelle de Paris, celle-ci étant probablement antique et celui-là marqué longtemps par une borne monolithique prismatique vraisemblablement gallo-romaine.

  • Conclusion

Les anciennes voies se croisant à Boissy, le toponyme Maison rouge, la mention d’un vicus, appuient l’hypothèse d’un bourg de vocation routière à l’origine : il est toutefois vraisemblable que ces axes ne soient pas tous synchrones et se soient plus ou moins étagés dans le temps.

L’extension du domaine de Grosbois a largement modifié le terroir dont il est particulièrement malaisé de saisir l’aspect antérieur dans la zone forestière.

La question se pose aussi de l’emplacement du hameau puis paroisse de Saint-Jean de Grosbois, apparemment antérieur au domaine, situé dans le parc actuel, et nécessairement entouré d’une zone de mise en culture au cours de son existence.

Avril 1995

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