23 avril, 2006
Arcueil et ses pages d'histoire

L’Eglise Saint-Denys construite au 13ème siècle subit l’influence de Notre-Dame de Paris. Trois siècles plus tard, attirés par les ruines de l’aqueduc, le calme et la fraîcheur estivale de la Bièvre, Ronsard, Belleau, Baïf et Passerat racontent leurs joyeuses escapades, dans une vallée qui attire de nombreux Parisiens.
En 1612, le village connaît un regain d’activité : pour alimenter en eau le Luxembourg, Marie de Médicis veut faire rétablir l’aqueduc romain. En 10 ans, architectes et maçons construisent le second aqueduc. Au siècle suivant Jean-Baptiste Oudry vient y dessiner les environs de l’aqueduc et les jardins du Duc de Guise.
A côté de la vigne, cultures céréalières et pépinières se développent. A la fin du 18ème siècle, le village compte plus de 200 feux. Sur son coteau couvert de vignes croissent aussi cerisiers, pruniers, pêchers.
Arcueil possède d’importantes carrières. L’on y extrait une pierre de liais à grain fin, facile à polir et à graver. L’extraction se fait à ciel ouvert ou grâce à des puits dont les roues jalonnent le paysage.
Fiscalité, justice, tels sont les thèmes généraux auxquels s’intéresse le cahier de doléances, abordant aussi un projet local de détournement de la Bièvre, nuisible aux mégissiers, cultivateurs et meuniers. La période révolutionnaire s’y vit dans un calme relatif. L’installation du chimiste Claude Berthollet, du mathématicien Laplace est à l’origine des “Mémoires de la Société Chimique d’Arcueil”, qu’ils entreprennent de 1807 à 1817 avec d’autres chercheurs.L’artisanat est très présent au 19ème siècle : carrières toujours, puisque l’on en compte encore 15 en 1800. Cependant, certaines se transforment en champignonnières, aux conditions de travail peu salubres. Les bords de la Bièvre accueillent de nombreux blanchisseurs employant une main-d’oeuvre essentiellement féminine. Les métiers du cuir s’y développent : Arcueil compte en 1878 trois corroiries. Quant aux industries, de petite taille, elles se spécialisent dans deux domaines : industries de services vouées aux textiles, et entreprises agro-alimentaire liées aux boissons, pour qui les débits de vin de Paris et de la banlieue assurent des débouchés.
Les combats de 1870 et la Commune marquent profondément Arcueil, endeuillée par la mort tragique des Dominicains. La Troisième République consacre son essor : un troisième aqueduc construit sur les ordres de Belgrand pour détourner les eaux de la Vanne est achevé en 1874, une nouvelle mairie est inaugurée en 1886.
Arcueil compte 7 964 habitants en 1896 et 11 319 en 1911. Les Raspail ont participé à la vie communale à la fin du 19ème siècle. Le début du 20ème connaît un développement des lotissements, notamment sur le site du parc Laplace.
La loi du 26 décembre 1922 met un terme à une vingtaine d’années de divergences et crée la commune de Cachan. Trois ans après, disparaît celui qui se définissait comme “un vieil habitant d’une commune suburbaine”, Erik Satie.
Municipalités socialistes, puis communiste depuis 1935 se succèdent jusqu’à la suspension du Conseil municipal en septembre 1939. Plusieurs groupes de résistants oeuvrent à Arcueil qui est libérée le 17 avril 1944. Marius Sidobre est réélu en avril 1945. Avec Gentilly sa voisine, la ville travaille notamment à la résorption des îlots insalubres, à un plan communal d’aménagement, en construisant, en 30 ans, près de 3 000 logements, attentive aussi à son action sociale.
Claire BERCHE
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