22 avril, 2006
Notice archéologique d'Arcueil
La commune d’Arcueil se situe de part et d’autre de la Bièvre, recouvrant ses coteaux entre les plateaux de Longboyau et de Montrouge : elle a perdu la moitié sud de son terroir, devenue la commune de Cachan, en 1923.
- Indices archéologiques
Des contextes paléolithiques et néolithiques ont été découverts en début de siècle et surtout autour de 1930. Un lieu-dit “La Haute Borne” est mentionné dès le XVe siècle, indiquant avec probabilité un mégalithe ou une borne antique disparue.
L’aqueduc antique qui traverse le territoire du Sud au Nord a été retrouvé à plusieurs reprises depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours : son tracé n’est qu’en partie situé avec précision. Des sépultures ont été découvertes dans sa cunette vers 1930 : vraisemblablement antérieures au cimetière de l’église, elles datent a priori du Haut Moyen-Age. Deux fours également du Haut Moyen-Age et des caves maçonnées du Bas Moyen-Age ont été révélés par une fouille de sauvetage du LDA 94 au début des années 90.
Arcueil, qui doit son nom à la présence des arches de l’aqueduc romain, n’est mentionné qu’en 1119, à propos de l’autel donné à l’abbaye de Saint-Denis, et d’un moulin appartenant au prieuré de Saint-Martin-des-Champs.
Vers 1140, le prieuré de Saint-Eloi acquiert divers biens. D’autres monastères possèdent des biens, tels la léproserie de la Saussaie, l’abbaye de Sainte-Geneviève, le couvent des Chartreux, l’abbaye de Saint-Victor, le chapitre de Notre-Dame : le principal est l’abbaye de Saint-Denis, par le biais de son prieuré de Saint-Denys-de-l’Estrée, et elle obtient la haute justice en 1459. On trouve également des seigneurs laïques dès le XIVe siècle. Une maison du XVe siècle, conservée, est une dépendance de l’ancien château des Guise.
Le bâti de l’église se situe entre XIIe et XVIe siècle: quelques sépultures de son cimetière ont été perçues de façon sporadique au cours de travaux ou de sondages.
Le terroir d’Arcueil est en partie limité par d’anciennes voiries : à l’Ouest, l’actuelle N 20 se situe sur le tracé de l’ancienne route romaine d’Orléans, à l’Ouest le chemin de Paris à l’Haÿ remonte au moins au XVIe siècle. C’est en bordure de la première qu’une importante léproserie ou maladrerie, appelée la Banlieue, est mentionnée au début du XIIIe siècle. Des vestiges d’un important bâti ont été aperçus à la fin du XIXe siècle en bordure de la N 20 lors d’une construction, vers l’emplacement présumé de cette léproserie.
Deux moulins de la Roche, l’un à vent, l’autre sur la Bièvre sont mentionnés à l’époque moderne et probablement de création plus ancienne. Des carrières sont connues à l’époque moderne, probablement d’origine médiévale, voire antique pour la construction du pont de l’aqueduc. L’aqueduc Médicis, construit au début du XVIIe siècle, traverse Arcueil en suivant de plus ou moins près le tracé de l’aqueduc antique.
- Indices périphériques
De nombreuses découvertes concernant néolithique, protohistoire et périodes historiques se situent dans plusieurs communes environnantes : contextes paléolithiques et néolithiques particulièrement nombreux à Villejuif, mais également trace d’un habitat important du Haut Moyen-Age, périodes du Néolithique au Haut Moyen-Age à l’Haÿ-les-Roses.
L’aqueduc romain a été retrouvé en aval sur Gentilly, en amont à Cachan : les vestiges du pont se situent sur cette dernière commune, en limite d’Arcueil.
Une nécropole mérovingienne, faussement attribuée à Arcueil, se situe sur le territoire de l’Haÿ-les-Roses.
Les communes environnantes sont dans l’ensemble tôt attestées, à l’exception de Villejuif, mentionné au XIIe siècle : des documents mentionnent Gentilly dès le VIIIe siècle, Cachan et l’Haÿ au IXe.
- Conclusion
L’histoire d’Arcueil est relativement riche et offre un potentiel archéologique très important pour les périodes historiques. Si les éléments nous manquent encore pour définir avec précision l’ampleur des établissements antérieurs, leur existence ne semble pas contestable pour le Paléolithique et le Néolithique mais demeure énigmatique pour les périodes protohistoriques.
Juin 1997
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