22 avril, 2006

Notice archéologique d' Ablon-sur-Seine

La commune d’Ablon, de faible étendue, s’étend entre la rive gauche de la Seine et le rebord oriental du plateau de Longboyau, un peu en amont du confluent de la Seine avec l’Yerres.

  • Préhistoire et protohistoire

Les indices archéologiques en notre possession sont peu nombreux et les découvertes remontent toutes à la deuxième moitié du XIXe siècle : les principales, fortuites et, semble-t-il, répétées, sont liées aux dragages et travaux pour l’aménagement du barrage dit d’Ablon, peu après 1860. Non décrites ni situées avec précision, elles concernent l’époque néolithique et peut-être aussi des périodes historiques.

Un matériel abondant de toutes les époques (y compris historiques) a été recueilli lors de dragages dans la Seine, entre Ablon et Villeneuve-Saint-Georges, mais la plupart du temps attribué à cette dernière commune.

Un fossé semble avoir été observé vers la même période, dans un lieu et des circonstances indéterminées.

L’histoire de la commune commence relativement tard, Ablon étant un terroir dépendant d’Athis-Mons.

C’est néanmoins le siège d’une seigneurie au XIIe siècle, l’abbaye de Sainte-Geneviève y ayant probablement des possessions, ainsi que l’abbaye de Saint-Magloire.

L’ancienne église, dédiée à Notre-Dame, est bâtie en 1172 : des querelles liées à son érection révèlent l’implantation à Ablon de l’abbaye de Saint-Victor. Son cimetière est doublé par un second, plus vaste et plus éloigné.

Les Célestins s’y sont implantés après leur fondation en 1254.

Le château semble avoir remplacé une “motte” féodale au XIVe siècle : le fief ne possède que la moyenne et basse justice et dépend de la seigneurie de Mons pour la haute justice. Il est probable que le château actuel d’Ablon conserve dans son bâti des éléments datant du milieu du XIVe siècle, en particulier une tour visible en façade. Des pressoirs sont mentionnés ainsi qu’un four.

Le chapitre de Notre-Dame de Paris possède une partie de la seigneurie, le fief au Breton, au milieu du XIVe siècle, puis l’ensemble de la seigneurie début XVe.

Un pont de bois traverse la Seine à l’époque médiévale entre Ablon et Villeneuve-Saint-Georges: il est mentionné à plusieurs reprises entre les XIII et XVe siècles, généralement au nom de cette dernière commune, et est ensuite remplacé par un bac dont l’emplacement est d’ailleurs modifié à l’époque moderne.

Un temple protestant est édifié fin XVIe siècle et très vite remplacé par celui de Charenton : on mentionne à son propos l’existence d’un chemin ou chaussée d’Ablon dont le tracé est inconnu sur la commune.

  • Indices périphériques

Ils sont peu connus au Sud, Ablon étant en frontière de l’Essonne : à noter toutefois que le toponyme d’Athis d’origine latine serait un indice d’une potentialité de station routière antique.

Quant aux deux communes limitrophes, Villeneuve-le-Roi au Nord et Villeneuve-Saint-Georges à l’Est, elles ont révélé toutes deux des vestiges abondants allant du Néolithique aux périodes historiques, en particulier la deuxième.

Si la première n’apparaît qu’au XIIe siècle dans les textes, la seconde est mentionnée dès le VIIIe siècle comme lieu de péage, et donc de noeud routier et commercial.

Le chemin d’Ablon est repéré dans la traversée des communes jusqu’à Paris : des observations ponctuelles à Paris et Orly et la présence de nécropoles antiques à Paris, Choisy et Orly ont permis de le dater de l’époque gallo-romaine.

  • Conclusion

Le potentiel archéologique d’Ablon est difficile à évaluer, nos sources étant totalement lacunaires avant le XIIe siècle. Certains indices (proximité des bords de Seine, artefacts découverts lors des travaux d’aménagement du barrage) nous permettent cependant de supposer des installations humaines très antérieures, dès le Néolithique.

Juin 1997

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